[Coup de coeur] Urban tome 3 « Que La Lumière Soit… », de L. Brunschwig & R. Ricci, éd. Futuropolis

Urban T3 couvFini de rigoler à Monplaisir, les choses sont devenues sérieuses, voire même sombres. Simultanément au drame survenu à la fin du second tome, la ville a été plongée dans le chaos le plus total, à la suite de ce qui semble être une attaque terroriste. Springy Fool ne peut que constater les dégâts: A.L.I.C.E. est en piteux état. Mais Monplaisir n’est pas la seule victime de l’attentat. A l’extérieur de la ville, dans la campagne dont est originaire Zachary Buzz (le jeune policier que nous suivons depuis le premier tome), les choses dégénèrent. Les robots sont devenus fous, et au lieu d’effectuer leurs tâches ils se sont retournés contre les exploitants. La famille de Zachary est en première ligne, et sa soeur tente tant bien que mal d’échapper à la frénésie meurtrière des automates. Springy Fool n’a quant à lui plus le moral, et son staff va tout mettre en oeuvre pour le remettre en selle, avec l’aide de la jolie Ishrat (la douce femme de joie pour qui Zach en pince). C’est le seul moyen pour qu’à Monplaisir le cours normal des choses reprenne…

Ce tome 3 est un régal de lecture. C’est le tome des révélations (Que la lumière soit !, en effet ^^). Ne vous attendez pas non plus à tout savoir en le refermant. En fait Luc Brunschwig passe à la vitesse supérieure. Dans cet épisode riche en rebondissements, il nous dévoile un peu plus les coulisses de la ville. A chaque tome, le scénariste a mis en exergue un personnage différent, et cette fois-ici, même si la couverture met l’accent sur Ishrat, l’essentiel de l’album se concentre sur Springy Fool. Zach est toujours là comme fil conducteur, je vous rassure. Cet éclairage centré sur le maître de Monplaisir nous permet d’en apprendre plus sur son rôle au sein de cette dernière, et de ce qui se trame autour de lui.

extrait © Brunschwig / Ricci / Futuropolis

extrait © Brunschwig / Ricci / Futuropolis

C’est ainsi l’occasion de confirmer un sentiment ressenti à la lecture du tome précédent: les destins de nos personnages sont bien plus imbriqués qu’il n’y parait. C’est tout l’art de Luc Brunschwig que de faire s’enchevêtrer les trames de ses protagonistes. Et cela devient un jeu pour son lecteur que de tenter de comprendre le but de tout ceci. Certains ont un rôle qui prend de l’ampleur, parfois d’une manière inattendue, d’autres attendent leur heure de gloire.

Mais ne vous méprenez pas, Luc Brunschwig est un grand malin. S’il fait ici pas mal de révélations, s’il met au grand jour certains aspects de ses personnages, c’est pour mieux amener d’autres mystères. Il effectue un véritable travail de construction, semblable à ce qui se pratique au sein d’une série TV. Il introduit plein d’éléments au fur et à mesure, a priori sans lien. Puis petit à petit, il dévoile son jeu, il retourne les cartes une par une. Avec un vrai fil rouge qui donne l’assurance au lecteur que l’auteur sait où il va. Une façon de travailler qui est trop souvent perdue de vue, je trouve, par les scénaristes de chez nous, enfermés dans les contraintes du 44 pages franco-belge. Avec son découpage en chapitres, sa pagination plus importante qu’à l’accoutumée, on a plutôt l’impression que cela se rapproche d’un travail à l’anglo-saxonne, nécessitant de créer régulièrement la surprise, de placer quelques twists, maintenant ainsi l’intérêt d’un chapitre à l’autre, et donnant envie au lecteur d’avancer dans le récit sans lâcher prise.

extrait © Brunschwig / Ricci / Futuropolis

extrait © Brunschwig / Ricci / Futuropolis

Et il faut pour cela s’y prendre en amont, et faire preuve de patience. Par exemple, je me demande encore à quoi va servir le couple introduit dans le second tome. On a sous le nez une pièce de puzzle qu’on ne sait pas encore placer. Difficile d’imaginer où tout cela va nous amener (même si la fin de l’album vous mettra sur la piste). Nous sommes maintenant parvenus à la moitié de la série, (6 tomes prévus si j’ai bien compris), et comme je le disais dans ma précédente chronique, il est encore difficile de discerner « the big picture ».

Côté dessin, je vais me répéter (mais c’est logique): c’est juste magnifique. Dessins et couleurs sont à l’unisson, et forment un ouvrage qui va ensorceler votre regard (j’exagère à peine). Les séquences fortes en ressortent encore plus frappantes pour l’esprit. A chaque album, on se dit que Roberto Ricci pourra difficilement faire plus beau, mais il y parvient tout de même. Chapeau.

En résumé:
Urban, c’est comme la visite d’un parc d’attraction (c’est de circonstance), un tour dans les montagnes russes de l’émotion. Vous passerez de la surprise à la tristesse, ou encore de la curiosité à l’interrogation. Un travail mené de main de maître par les auteurs, qui se surpassent à chaque épisode. La barre est de plus en plus haute à franchir, et on attend le tome 4 pour voir si l’exploit sera réalisé (je n’en doute pas un instant). En tout cas, pour ma part, c’est une troisième médaille d’or consécutive.

extrait © Brunschwig / Ricci / Futuropolis

extrait © Brunschwig / Ricci / Futuropolis

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