[Lu & approuvé] The Heroic Legend of Arslân tome 1 de Hiromu Arakawa et Yoshiki Tanaka, éditions Kurokawa

The Heroic Legend of Arslân est typiquement le genre de manga à côté duquel j’aurais pu passer. Comme j’aime bien Fullmetal Alchemist (qu’il me faudra terminer un jour), j’ai eu la curiosité de feuilleter ce nouveau titre d’Hiromu Arakawa en librairie, en dépit de sa couverture très (trop ?) sobre, presque monochrome, qui ne tape pas forcément dans l’oeil sur les étals (à la décharge de l’éditeur, il s’agit d’une reprise de la couverture japonaise).

Ce fut une judicieuse curiosité, car il s’est avéré qu’à mesure que je feuilletais, j’avais envie de découvrir un peu plus ce manga, qui pourtant n’est pas du tout mon genre de prédilection à la base. Je dois être un peu sectaire, je ne sais pas, mais j’ai du mal à avec les mangas historiques qui traitent d’événements se déroulant ailleurs qu’au Japon. Je sais, c’est complètement crétin de chez crétin. Heureusement, Vinland Saga et Wolfsmund sont passés par là entre-temps ! 😀

Bref, ayant envie de parfois sortir un peu de ma « comfort zone », je suis reparti avec ce titre sous le bras, en me disant que ça ne me ferait pas de mal de changer un peu d’ambiance. En plus, ce premier tome est une édition collector, rendez-vous compte ma bonne dame, je n’allais pas laisser passer une telle aubaine !

The Heroic Legend of Arslân T1Avec The Heroic Legend of Arslân, la dessinatrice Hiromu Arakawa s’attaque à l’adaptation d’un best-seller éponyme de la littérature japonaise, écrit par Yoshiki Tanaka (déjà connu pour La Légende des Héros de la Galaxie). Ce roman d’heroïc-fantasy a débuté en 1986 au Japon, et se poursuit encore aujourd’hui, quelque 14 volumes plus tard. Arakawa n’est d’ailleurs pas la première à réaliser une adaptation manga de la saga, puisque cela avait déjà eu lieu dans les années 90. Il en existe également des versions animées.

Mais tout d’abord, un petit résumé pour situer un peu les choses:

À la frontière de l’Orient et de l’Occident se trouve le prospère royaume de Parse tenu d’une main de fer par le redoutable roi Andragoras. Avec sa frêle carrure et son maniement approximatif des armes, difficile pour le jeune prince Arslân de revendiquer son statut d’héritier du trône. Alors âgé de 14 ans, il va prendre part à sa première bataille afin de repousser l’envahisseur dans la plaine d’Atropathènes. Un jour marqué du sceau de l’infamie qui fera basculer à jamais son destin et celui du royaume de Parse.

Ce premier volume réussit le pari qui consiste à la fois à nous présenter une galerie de personnages assez fournie, tout en parvenant à rentrer tout de suite dans le sujet. Après un court prologue, spécialement écrit par le romancier Yoshiki Tanaka et qui donc n’était pas présent dans les romans, le manga démarre sur les chapeaux de roue, notre jeune héros partant très vite sur le front. Comme le dit Tanaka dans l’interview qui est fournie en bonus à la fin de ce premier tome (je vous déconseillerais presque de la lire d’ailleurs, car elle donne un gros gros indice sur ce que ce pourrait être le destin d’Arslân :/), l’auteur a cherché à sortir du conventionnel récit du héros parti des bas-fonds pour atteindre les sommets ensuite. C’est ce qui rend intéressant le contexte de la quête que débute Arslân, qui se retrouve confronté très jeune à des situations qui le dépassent, auxquelles il n’est visiblement pas taillé pour faire face. De plus, l’époque à laquelle se déroule cette aventure apporte beaucoup d’originalité au récit (pour du manga, j’entends). Le choix de s’inspirer de la perse ajoute à l’exotisme, et offre un cadre médiéval de premier choix. Le résultat, c’est un premier tome passionnant, dont se dégagent déjà de grands personnages qu’on a envie de voir évoluer. J’ai bien aimé le caractère d’Arslân, qui malgré ses origines reste humble, et garde les pieds sur terre. Il a beau être né avec une cuillère d’argent dans la bouche, il n’en reste pas moins un jeune adolescent normal, un peu effacé. C’est d’ailleurs assez logique, quand on voit la prestance de son père, par ailleurs jamais tendre avec sa progéniture. Heureusement, le jeune Arslân est bien entouré, et nous lecteurs ressentons un peu la même affection que notre jeune héros envers ses prédicateurs, notamment Maître Valphreze, puis le charismatique Daryûn un peu plus loin dans le récit.

The Heroic Legend of Arslân extrait

La dessinatrice est généreuse en batailles dans ce premier volume.

L’adaptation que livre Hiromu Arakawa, qui a été laissée libre de faire comme elle voulait, augure d’une bonne série à suivre, qui risque d’être riche en rebondissements, trahisons, et autres complots politiques. On sait déjà qu’il ne faudra pas trop s’attacher à certains protagonistes, le romancier n’ayant apparemment pas hésité à en trucider quelques uns, y compris parmi les plus populaires… On peut dire que ce manga tombe à point nommé, à une époque marquée par le succès de sagas comme Game of Thrones. Les amateurs pourraient s’y retrouver (même s’il n’y pas réellement de comparaison à faire :D).

Côté dessin, il ne faut pas vous attendre à des pages noircies de détails. Si vous connaissez déjà l’auteure, vous savez alors qu’elle a un style assez aéré, qui s’attarde plus sur les personnages et leurs expressions, que sur des décors foisonnants. De prime abord, ça peut paraître péjoratif, mais finalement, cela permet de bien assimiler les personnages. Et honnêtement, je trouve qu’Arakawa se lâche malgré tout sur certaines séquences, notamment les batailles, qui sont bien retranscrites.

Vous l’aurez compris, j’ai été franchement séduit par les aventures du jeune Arslân, et j’attends maintenant de pied ferme la suite à paraître début juillet en France. De plus, c’est le moment de commencer, la série n’est qu’au troisième tome au Japon ! Rappelons enfin que la dessinatrice alterne désormais deux séries: Silver Spoon, qu’elle continue, et Arslân, donc.

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