Un petit commentaire sur la couverture en préambule : je ne sais pas vous, mais cette couv elle m’hypnotise. Je la trouve très réussie. Intrigante, classieuse, elle invite le lecteur à s’attarder dessus en librairie. En un mot : réussie !

Oms En Série est un des deux titres à ouvrir le bal de la collection « Les Univers de Stefan Wul », avec Niourk d’Olivier Vatine, à l’origine de la création de ladite collection chez Ankama.

Grand fan de Vatine devant l’éternel, j’ai pris très tôt connaissance de ce projet, et j’avais excessivement hâte de découvrir ce que cela allait donner. Bizarrement, c’est par Oms En Série que j’ai commencé la lecture, encore plus attiré par le contenu de l’album une fois passé le cap de la couverture. Je lirai Niourk en suivant, tout en sachant qu’il ne pourra me décevoir ;).

Avant de vous balancer un petit synopsis de l’album, je tiens à préciser à ceux d’entre vous qui seraient tentés un jour de lire le roman éponyme écrit par Stefan Wul, que le simple fait d’en lire le résumé vous spoilera des éléments qui sont censés être une surprise dans le bouquin. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire si vous voulez éviter cela. Pour ma part, je ne l’avais pas lu, honte à moi si vous voulez, mais je n’avais pas envie de retarder la lecture de cette BD afin de lire le roman d’abord…

extrait de la planche #4 © Morvan / Hawthorne / Ankama

Oms En Série nous présente donc une planète étrangère, où vivent les Draags, une race d’apparence presque humaine, si on oublie le fait qu’ils font dix fois notre taille, et qu’ils ont un teint qui pourrait les faire passer pour des lointains cousins des schtroumpfs. Comme nous autres humains, les Draags aiment avoir des animaux de compagnie. Ils adoptent donc souvent des petits êtres qu’ils appellent Oms. Vous l’aurez compris, phonétiquement, Oms = Hommes. Alors oui, c’est bien notre chère race qui sert de hamster de substitution aux Draags. Terr est un Om qui a été remis à Tiwa, jeune Draag qui est folle de sa petite bestiole, au point de vouloir toujours être en sa compagnie. C’est ainsi que Terr est mis au contact du Savoir des Draags, alors que sa maîtresse apprend ses leçons via un casque pédagogique, dont les ondes parviennent directement au cerveau du jeune humain via son collier magnétique. C’est ce Savoir qui va le mettre face à sa condition d’être asservi, et qui le poussera à s’échapper, et ainsi découvrir qu’hors de l’enceinte des habitations des Draags, vivent d’autres humains, qui tentent de survivre.  Terr est alors reccueilli par Brave, qui semble saisir très vite l’intérêt des connaissances que le jeune homme porte en lui. Serait-il la clé pour se libérer du joug des Draags ?

planche #8 © Morvan / Hawthorne / Ankama

Autant le dire tout de suite, cet album est un véritable coup de cœur, tant d’un point de vue graphique que scénaristique. Je ne ferai pas de comparaison avec le roman original, mais j’ai trouvé l’adaptation faite par Jean-David Morvan très fluide, avec un emploi des ellipses bien dosé, et une mise en avant subtile des thèmes sous-jascents que génère une telle histoire. Des implications philosophiques telles que les conséquences du Savoir sur l’être humain, par exemple.  Le découpage de l’histoire est parfaitement mis en œuvre, on ne s’ennuie jamais, et le tout est d’une fluidité exemplaire. Sans compter que pour un premier tome, il se passe vraiment quelque chose, ce qui, comme je me plais à le répéter souvent, est de plus en plus rare.

Côté dessin, je découvre Mike Hawthorne, qui n’en est pourtant pas à son premier fait d’arme, dont j’ai beaucoup apprécié le trait. Il officiait jusqu’ici plutôt dans le monde du comics, et là encore Morvan aura eu le nez creux pour cette collaboration. Je ne sais pas si c’est lui qui a repéré le dessinateur, mais  le fruit de leur travail commun est une véritable réussite.

planche #40 © Morvan / Hawthorne / Ankama

Oms en Série est au final un album de science-fiction presque à l’ancienne. Un style qui, je ne sais pas pourquoi, me ferait plutôt penser à ce qu’on aurait trouvé à l’époque de Metal Hurlant. Peut-être la mise en couleur, qui m’évoque certains albums de Moebius, y est-elle pour quelque chose ? Là encore, Mike Hawthorne, non content d’avoir fait un super boulot au dessin, fait des merveilles en terme d’ambiance, avec des couleurs qui évoquent parfaitement l’univers aseptisé dans lequel on imaginerait vivre une race telle que les Draags.

version noir & blanc de la planche #38 © Morvan / Hawthorne / Ankama
source: blog de Mike Hawthorne

En résumé : une BD de pure SF, dotée d’une histoire qui saura vous embarquer dès les premières pages, dont le dessin vous plongera plus encore dans les aventures du jeune Terr. Assurément un titre à ne pas manquer en cette fin d’année chargée.